Faut que je vous raconte

Posté le 7 juin 2011

ma journée. Oui, on avait dit que je n’aurais plus de scrupules à faire ce que je veux de ce blog (de toute manière, personne à part Claire ne le lit), y compris raconter ma vie. Ou peut être que ce n’était pas exactement la conclusion à mes questionnements, mais j’ai décidé que c’était comme ça. Donc voilà ma journée :

Je me lève de bonne humeur. En même temps que mon mari. Donc nous prenons le petit dej ensemble.

Je monte sur la balance: + 900 grammes. C’est marrant, dès que je lui monte dessus, elle se venge en ma rajoutant 900 grs. Pas grave me dis-je, je suis allée au sport hier et avant-hier, et j’y retournerai demain. Pas aujourd’hui, j’ai prévu de faire un tour à Nice.

En attendant, je règle enfin mes affaires de mutuelle, et je découvre, non sans horreur, qu’en fait, c’est normal que mon compte bancaire s’enfonce dans le rouge puisque je ne serai payée du chômage que le mois prochain. Trop bête, je ne prenais pas mes congés pour avoir plus d’argent, mais en fait, ces journées ne sont pas comptées. Donc au final, je ne suis gagnante de rien du tout. Je croyais que mes indemnités de licenciement étaient une sorte de bonus, mais que dalle. Je comptais utiliser cet argent pour rembourser en partie mon crédit. Pff je n’y arriverai jamais. Blasée. Je vais donc encaisser mon solde de tout compte que je gardais soigneusement.

Compte tenu de cela, dois-je quand même sortir à Nice ?

Oui. J’ai des trucs à acheter de toute manière:

Il me faut de l’eau de rose pour faire un super dessert: la salade marocaine aux oranges.

Aussi, on a utilisé nos derniers carrés de chocolat pour accompagner le café. Et il ne faut pas se leurrer, le café n’est bon que parce qu’il y a un carré de chocolat à coté.

Faut que je vous raconte dans ma vie (mon oeuvre) visuel_famille_caraques

Et puis il fait lourd à la maison, et je suis super bien dans mes robes h&m à 15 euros pièce. Un ultra-basic, une sorte de maxi-débardeur en coton, qui est à la fois confort, vacances, et pas négligé.

Donc je pars. Avec presque plus d’essence, mais mon mari m’a donné sa carte pour que je puisse faire le plein. Mais l’unique station est fermée le temps que le camion la ravitaille. Aaargh ! Je dois continuer ma route sans essence. Je me gare sur le bord de la route près de l’arrêt de bus. Sous un arbre dont une branche est sur le point de se détacher. Avec beaucoup de prévoyance, je décale un peu la voiture. Faudrait pas qu’en plus de rouler sans essence, je ramène une branche dans l’habitacle.

Je prends le bus. Comme je m’ennuie, je fouille mon sac. Je tombe sur une programme de sport. Je me rends compte qu’il y avait un cours de body jam ce soir, alors que je ne le pensais pas. Mince, j’aurais aimé y aller.
J’arrive à Nice. Je commence par H&M, et déception: je ne trouve las les robes maxi comme je veux. Ily en a bien qui sont à peu près pareil, mais le tissu est tellement fin qu’il en est transparent. Je trouve 3 jolis débardeurs dans des coloris qui me vont, mais j’hésite. Il y a beaucoup de queue pour la caisse, et puis mes bras ne sont pas très montrables, ils sont comme ceux d’une fille qu’on aurait gavée trop vite et qui prend 20 kgs d’un coup.

Puis la fnac. Il y avait un bouquin de meringues que je voulais acheter. En attendant, je vais le feuilleter. En fait, les recettes présentées ne me plaisent pas. Par contre, je passe devant la cafet, et je tombe sous le charme de superbes muffins double chocolat et noisettes. Pas de monnaie sur moi, je trace mon chemin. Mais ça m’a donné faim.

Suite des boutiques, rien de spécial. Au passage, je prends les carrés de chocolat chez jeff de bruges et je me prends 5 petits chocolats à grignoter. Il fait chaud, ils me fondent entre les doigts. Mais le plus embêtant, c’est que mes préférés, ceux à la pâte d’amande, ont le goût un peu gras des chocolats qui ont été mis au frigo parce qu’ils avaient trop chaud. Plaisir gâché.

Je continue ma route. Je m’aperçois en silhouette dans une vitrine de magasin. Grassouillette. Je tire mon tee-shirt vers le bas. On continue.

Chez Mango, plein de choses me plaisent. Des robes, bien entendu, mais également des pantalons et des shorts. Oh un short! J’en ai envie ! Surtout celui là:

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Je le prends plusieurs fois dans les mains. Je le touche, il est léger. Le débardeur qui est juste à coté irait parfaitement avec. Et je sais quelles chaussures estivales iraient avec ! J’hésite. Mais à quoi bon l’essaye, je sais que je serai moche dedans avec mes grosses cuisses et mon bide, je ferai plus « touriste allemande au mois d’aout au camping du Pylone » que Claudia Shiffer … J’abandonne.

En fait, j’abandonne souvent les essayages depuis que je suis grosse. Plutôt rester avec le fantasme de pouvoir porter une chose, que de se rencontre que ça fait sac.

A coté de moi, un couple d’américains. Ils sont super grands, et la fille est une superbe asiatique aux cheveux noirs intenses et bien longs, ramenés en queue de cheval.Elle sort de la zone d’essayage et lui dit qu’elle prend telle ET telle chose. Le mari proteste. « Tu avais dit que tu n’achetais qu’une chose ». Très calmement, la femme lui répond « J’avais dit que je prendrais ça, mais il se trouve que j’ai essayé ça aussi, et que je les aime les deux. Alors je les prends ensemble ». (Bon, je suis sympa, je fais la traduction automatique).

Je me prends un tee shirt casual que j’aime bien, parce qu’il a une bonne longueur et des petites manches. Et puis si je maigris, me dis-je, il ira bien en large (parce que présentement, il sera moulant).

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Puis je continue mon bout de chemin, pour arriver aux galeries lafayette.

J’aime les galeries lafayette, j’y trouve toujours mon bonheur pour les yeux. Déjà, à celui de Nice, il y a un stand Hakei, une marque espagnole trèèèèès chouette, qui ne vend que sur 2 ou 3 stands en Franc. Outre une petite robe et une tunique noire en soie, je craque sur un sac en cuir à 200 Euros. Pfff. Mais qu’est ce qu’il est beau …

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Je m’arrête au stand lingerie de Princesse Tam Tam. Il y a des tenues homewear si raffinées, que je m’imagine dans mon futur chez moi, avec mes cheveux blonds Dessange, allant et venant dans un sarouel et un haut d’un bleu délicat … (oui parceque dans le nouvel appart, il y aura quand même pas mal de vis à vis, et moi j’aime trainer en pyjama. Mais il faudra des tenues décentes.
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(Là, vous voyez seulement. Mais si vous l’aviez entre les doigts, vous sauriez à quel point la matière est douce et fine. C’est du jersey de coton).

Puis les allées continuent de s’ouvrir à moi. Des sandales Vanessa Bruno, des tops irisés Bel-Air, un tee-shirt Zadig et Voltaire, une combinaison Isabel Marant. Une jupe en soie très sympa The Kooples, avec ses petites têtes de mort en détail dans la dentelle. So cute !

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Puis je regarde le stand Sandro, je bave devant, comme à mon habitude. C’est quoi cette marque ? Elle est trop belle.

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Puis Maje, et là, c’est la cata …. Je prends une robe, je l’approche de mon corps comme pour me faire une idée.

En face de moi, il y a un miroir.

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Je redescends sur terre illico. Je suis encore, et toujours, un boudin. On voit mon ventre et mes bourrelets au travers de mon tee shirt. Je ressemble toujours à une ménauposée de 50 ans. Beurk. Là, la colère monte en moi. J’ai toujours ce cintre dans les mains, et c’est du 38. En fait, on dirait que la norme, maintenant, c’est 36. Et ce 36, je le faisais, avant.

L’histoire des filles pulpeuses bien dans leur peau, c’est des conneries. Ca a été inventé pour qu’elles arrêtent de pleurnicher, et qu’elles laissent les minces faire leur shopping sans culpabiliser.  La principale préoccupation des grosses quand elles s’habillent, c’est de cacher leur embonpoint. La préoccupation des minces quand elles s’habillent, c’est de rentrer dans différentes peaux, dans d’autres personnages. Ou d’affirmer celui qui leur colle le mieux, qui fera ressortir leur personnalité.

Je ne sais pas comment j’en suis arrivé là. Je refais presque le même poids qu’avant le régime pré-mariage. Mais ce que je constate aussi, c’est que je m’achète plus de nourriture que de tout autre chose. Un chocolat par ci, un livre de cuisine par là. Pour moi, c’est clairement du réconfort, un truc qui fait du bien quand je l’engloutis, ou qui donnera de moi l’image de la femme parfaite, c’est à dire celle qui sait cuisiner et bien s’occuper de son mari, de ses futurs enfants, de ses convives …

Le second point qui m’a excédée, c’est cette histoire de fric. Putain, avec mon diplôme, je devrais toucher 1600 euros par mois !!! Au lieu de ça, je supplie un employeur de m’embaucher au smic pour 15 heure par semaine réparties dans toute la semaine. Dans un monde parfait, je pourrais le faire, mon shopping !

Je suis toujours dans les galeries lafayettes, dos tourné au miroir, le visage grave de celles à qui il vient de tomber le ciel sur la tête. Je décide de ne pas partir à la recherche de l’eau de rose pour mon dessert, ni des filaments chinois appelés « cheveux d’ange » qui agrémentent certains plats d’une petite note piquante et esthétique.Niet, rien de tout ça. Je rentre, je ne dépense plus.
Je descends les étages. Il faut sortir, je veux rentrer à la maison. Vite, un tram. Je sors mon super ticket que personne ne connait et qui est pourtant très astucieux: tu l’utilise d’abord dans un bus ou un tram de Nice, puis sur une ligne inter-urbaine, comme celle qui me ramène chez moi.

Mais le tram n’avance pas. Il est bloqué. C’est donc ça, tous ces gens qui marchent, et ces flics qui sont postés un peu partout ? J’entends deux copines « Tu vois, si on faisait le trajet à pied tous les jours, on perdrait au moins 2 kilos ». Je me lance à pied. J’avance bien, je suis presque arrivée.

Mais, si je ne valide pas mon ticket, je ne peux pas prendre le bus après. Et j’ai décidé de faire ma radine maintenant, c’est à dire d’écouler ces tickets achetés l’année dernière au lieu de payer un trajet. Donc il faut que je trouve un bus, que je monte dedans pour composter le ticket, et que je redescende.

Un bus arrive. Comme prévu, je monte. Comme pas prévu, tous les gens qui étaient sur le trottoir montent aussi. C’est la cohue. J’ai du mal à composter mon ticket. Un gentil adolescent m’aide en le compostant à ma place. Quand je vais pour sortir, les portes se sont refermées et le bus redémarre.

Je sonne aussitôt pour l’arrêt suivant. Par chance, l’arrêt qui suit, c’est à 30 mètres de là où je dois prendre mon bus pour Sophia. Qui est là d’ailleurs. Je cours, je l’ai. Finalement, si je n’avais pas été bloquée dans le bus qui m’a avancée, je l’aurais raté.

Moralité ? (oui, il en faut une)

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1) Derrière chaque plan loose, il y a une leçon a tirer. Ou plusieurs. Et parfois, il y a du bon. Comme cette histoire de bus qui m’emmène je ne sais pas où et qui me dépose là où je voulais.

2) Je deviens une sportive. J’étais très déçue de ne pas y aller aujourd’hui. C’est bien. Mais j’avais oublié que se mettre a sport ne permet pas de maigrir si je ne fais pas attention à mon alimentation. Genre « Youhou, j’ai fait 1 heure de Zumba, je vais manger un moelleux au chocolat et des M&M’s, même s’ils sont Français et pas américains (voir l’article d’avant) ». Donc je reprends Weight Watchers dès jeudi (demain, peux pas, j’invite à la maison, et c’est tajine …).

3) Si je veux de l’argent, je dois travailler. Si je veux travailler, il faut que je postule. Bien plus. Et puis je suis complexée par la qualité de ma formation, mais je sais lire, et du temps où je pensais que je serai une bonne professionnelle, j’avais acheté plein de livres. Ya plus qu’à.

Donc voilà: du sport, du régime, puis du travail, et du shopping. Rendez-vous est pris chez la gynéco pour le 23 aout. Je décide donc de ne pas attendre qu’un bébé arrive, je vais vivre ma vie, et il arrivera comme une fleur sans que je passe mon temps à surveiller mes températures, taux d’hormones, etc. Vivre, coûte que coûte, pour ne rien regretter une fois bébé venu. Et lorsqu’il sera là, on avisera.

 

 

 

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